BOURKIA Hassan : né en 1956 à Al Ksiba. Vit et travaille à Beni-Mellal.
(…) Quand à Hassan Bourkia, dans la constance de son travail, la diversité de ses recherches, il donne l’exemple d’une vocation confirmée, de ce désir de peindre si fortement enraciné qu’il ne peut être que porté par le limon d’une culture originelle.
On aurait suivi en partie son itinéraire. Ces « paysages » dont on a situé la source d’inspiration, sont désormais des paysages intériorisés en quelque manière à évaluer non par référence à la réalité, mais dans les champs spécifiques de la peinture avec ses valeurs propres. De même on accordera une attention particulière à la série des talismans, symbole polysémique, diversité des formes par elle-même valorisante, collage travaillé, reproduction de l’écriture d’origine d’un talisman, variation sur l’exemple de talismans ficelés, éloquemment fermés sur ses pouvoirs mystérieux, il y’a là une ouverture significative sur un vaste registre de la culture populaire vivante et inventive. On découvre donc une parenté, entre le peintre et le sorcier au sens noble que lui donnons, une parenté d’écriture, de climat, cette nuit somptueuse où règnent les jnouns, non en tant que fantômes enfantés par des superstitions primitives, mais en tant qu’Être de pleine existence. Il est des enchantements qui nous libèrent de tant de servitudes. Une trace de bleu ou blanc sur une toile, au hasard.
Edmond Amran El Maleh