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| Alors que bon nombre d'adolescents restent parfois indécis et perplexes |
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sur leurs études supérieures, dans tel ou tel domaine, leurs caractéristiques et les perspectives qu'elles offrent, Asmae Lahkim Bennani semble avoir trouvé sa voie : les arts plastiques, l'expression par le trait, la couleur et la matière.
La spécialité de son baccalauréat, relevant du même domaine, obtenu en 1992 dans sa ville natale, Fès, constitue une signature, un signal fort annonciateur des étapes suivantes, le premier jalon sur la voie choisie. Mais surtout un début d'engagement et une ouverture sur le monde passionné de l'image.
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L'obtention du diplôme de Formation des Cadres, série Arts plastiques, au Centre pédagogique régional à Rabat en 1994, est à la fois une confirmation du choix artistique, une détermination pour aller de l'avant sur la voie retenue et surtout la révélation d'une personnalité confiante dans ses choix et décidée à ne ménager aucun effort en vue de les concrétiser.
De mieux en mieux imprégnée de ce nouveau monde qui est désormais le sien, observant attentivement ce qui se passe autour d'elle, de plus en plus envahie par l'immensité et la grandeur du monde de l'art, ainsi que sa dimension universelle à travers les cultures aux multiples richesses, Asmae Lahkim Bennani est bien décidée à relever encore plus le niveau de sa formation artistique. Elle entre pour cela à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, temple de l'art s'il en est, où sa formation artistique se poursuit dans un environnement qualitatif, avec des artistes de renom, dont Claude Viallat, Michel Salsmann, Vladimir Veliklovitch, Patrick Devreux et Christian Boltonski...
L'amour de l'art, la volonté de trimer, la passion de créer, la rage de réussir, le bonheur de voir se concrétiser son talent et ses émotions, l'envie de respirer à pleins poumons les odeurs magiques des ateliers... Tout cela est intensément vécu, au quotidien ;
Au sein de l'Ecole, Asmae Lahkim Bennani fait des passages réussis de la gravure à la lithographie, de la sculpture à la peinture, du dessin à la photographie. Ces choix sont significatifs dans une institution souple mais exigeante, assurant un solide apprentissage doublé d'autres matières enrichissantes comme l'histoire de l'art, la psychologie de l'art, le cinéma etc. enseignées par des professionnels et des spécialistes confirmés. C'est en fait la phase où l'étudiant se découvre en profondeur, développe ses orientations, opère ses choix artistiques fondamentaux. C'est aussi le moment où il prend conscience de sont statut et de son rôle d'artiste au sein du monde qui l'entoure, et plus particulièrement sa propre société. Il est désormais appelé à observer, penser, agir, s'impliquer, s'investir, analyser, exprimer, prendre position, faire prévaloir sa personnalité, donc sa vision, autonome et singulière. Il défend ainsi sa présence, son œuvre et son monde créatif. Asmae Lahkim Bennani obtient son diplôme de l'ENSBA de Paris en 2000.
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Entre Paris et Rabat, œuvres et démarche
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1996-2000 Lors de son séjour en France, Asmae Lahkim Bennani, habitée par l'amour de son pays, voulait dans un sens se réapproprier son vécu antérieur, dans sa véritable dimension expressive, chargée d'émotions, de souvenirs, d'odeurs, d'images, de parfums, de mots, de lumières…. Il s'agit en fait d'un voyage intérieur, intense, avec un souci presque inconscient de retrouvailles insaisissables. Retrouver un temps, le découvrir, le couvrir et l'habiter. La nostalgie devient alors palpable, chargée d'expressions enchevêtrées, vécue intensément et exprimée à travers des combinaisons d'éléments figuratifs et d'éléments graphiques sur lesquels vient s'incruster l'écriture. Photos retravaillées, recadrées, écritures, ratures, effacement, coloris, taches…., cet amalgame conduit à une composition plastique souveraine qui, échappant à l'artiste lui-même, impose un ordre d'équilibre, d'harmonie entre les couches superposées de matières et de couleurs, autant d'instants chargés de temps, une profondeur en surface. « Mémoire ».
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Retour au pays et mise en place de l'atelier
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2000-2004 fut une phase décisive dans sa carrière ainsi que dans le champ plastique au Maroc. C'est en effet l'obtention du diplôme de L'Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris, avec félicitations. C'est également la période où, de retour au pays, elle fonda le premier Atelier d'Estampe Traditionnelle, spécialisé dans la création en matière de Lithographie, Sérigraphie et Gravure taille douce.
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La mise en place de cet atelier, outre son rôle auprès du public marocain en termes de rapprochement d'un art majeur, revêt une autre signification à forte charge artistique et émotionnelle : c'est une manière hautement symbolique de maintenir le lien avec la France artistique, via l'École Supérieure des Beaux Arts de Paris. Il serait même envisageable qu'un jour l'Atelier Lahkim Bennani accorde un Prix, portant son nom, à la Fondation de France pour en faire profiter un autre jeune, porteur d'un projet original et innovateur. L'art, déjà beau en soi, devient, dans ces cas de reconnaissance et de réciprocité généreuse, tout simplement sublime !
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Ce retour au pays, c'est le retour à la source, aux origines, à l'identité. Asmae Lahkim Bennani, tout en aimant Paris, son prestige, son luxe, ses richesses culturelles et artistiques, son rythme de vie accéléré... préfère retrouver la vie dans sa simplicité, la lumière, les espaces dégagés ou vierges, les bruits, les couleurs et les parfums, un certain mode de vie au rythme et codes spécifiques. Retrouver en fait soi même.
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Dans ce monde retrouvé, l'artiste, se sentant autre, la vision qu'il a désormais de ce qui l'entoure n'est plus la même. Il est vrai que les sentiments qu'on éprouve, le type de rapport qu'on établit avec les autres, les choses et les traits de sa société, tout cela reste largement tributaire de ce qu'on est : visiteur de passage sous l'effet d'une nostalgie berceuse ou, au contraire, un résident perpétuellement impliqué dans une culture spécifique et un engrenage d'attitudes et de comportement multiforme.
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L'artiste, oscillant entre, mémoire, nostalgie, retrouvailles, l'instant et le quotidien retrouvé, donne naissance à une série d'œuvres marquées par le silence, par le vide, traduits en aplats de couleur superposés, dans une structure minimaliste, horizontalement découpés à la Rothko. Des photographies numériques, en noir et blanc uniquement, s'y ajoutent, comme regard critique portant sur le quotidien, perturbant l'intimité sereine de la couleur. Cette juxtaposition offre au spectateur une performance douce, entre la mémoire et le miroir, entre le soi et l'image de l'autre.
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2004 – 2007, Asmae Lahkim Bennani, observatrice sensible et attentive de la société dans ses perpétuelles mutations, continue d'interroger les mémoires, de stimuler les curiosités, et de surprendre au risque de déranger l'ordre établi et les habitudes bien installées de part et d'autre. Tout en admettant que le concept du beau soit le traditionnel lien entre l'artiste et le grand public, elle s'insurge à l'idée que la réalité soit contenue uniquement dans cette relation, qui ne manque certes pas d'esthétique, mais qui tire vers les lieux communs.
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Asmae Lahkim Bennani, elle, choisit d'évoluer vers une œuvre composée de deux volets : le premier, interne, lié à l'acte expressif, une peinture marquée par une recherche plastique profonde, fruit d'une expérience picturale accmulée, personnelle, intime, une abstraction née d'un jeu compliqué, d'un labyrinthe de traits, de couleurs, de matières, d'équilibre et d'harmonie qui, progressivement, se révèle en œuvre d'art. Le deuxième, externe, résultant d'un choix hasardeux, qui s'étend dans l'espace et le temps, comme un bout de texte abandonné, un emballage jeté, un mot entendu...repris, recadré intégré au côté de l'œuvre, chargé souvent d'un message et servant de chute. Ces œuvres s'inscrivent de la part de l'artiste dans un cri de dénonciation, de critique et de volonté d'amener le spectateur à se retrouver face à lui-même et à devenir en quelque sorte partie prenante de l'œuvre.
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